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Philippe Val, marionnette de Nicolas Sarkozy ?

14 mai 2009

C’est au moment où les chiffres de Charlie Hebdo sont tombés que la confirmation de la nomination de Philippe Val sur Radio France a été confirmée. A l’heure où l’ancien journal fondé par le professeur Choron est en train de battre de l’aile et cède désormais le pas devant son pire ennemi Siné Hebdo(1), Philippe Val s’en va exercer les basses besognes de Nicolas Sarkozy.

Car l’affaire est entendue depuis longue date, il faut absolument régler le problème Stéphane Guillon dont le succès commence à échauffer les oreilles du président qui ne supporte pas que l’on se paye impunément sa tête chaque matin. De même, le cas Daniel Mermet(2) et ses prises de position anti-sarkozy et pro-palestiniennes dérangent depuis trop d’années.

Pour éviter d’apparaître comme un petit dictateur qui tranche la tête de ses détracteurs, Sarkozy fera accomplir cette tâche par une personnalité censée incarner l’opposition. Et qui mieux qu’un prétendu gauchiste pour faire tomber le couperet ? Récompensé pour avoir soutenu Jean Sarkozy contre les attaques de Siné, Val officiera désormais sous les ordres du président de la République qu’il prétend ne pas connaître.

Celui qui appela à voter en faveur du traité constitutionnel européen(3) et fut reçu par le Medef lors de l’université d’été du syndicat du patronat(4) et qui chercha aussi à démolir José Bové avant d’enterrer Denis Robert(5) alors aux prises avec des huissiers de justice venus ponctionner le peu qui lui restait, n’incarne aucunement l’esprit de fronde inhérent au Charlie hebdo originel.

Pierre Carles clash Philippe Val
envoyé par monsterleawRegardez les dernières vidéos d’actu.

Il est au mieux un fin businessman, au pire un usurpateur  venu profiter de l’héritage impertinent des fondateurs du journal. De même, les prises de position de Philippe Val sur le conflit israélo-palestinien ont été le plus souvent affligeantes, défendant la politique du pire menée par Israël au mépris des victimes palestiniennes.

Difficile de voir un véritable militant de gauche chez cet homme d’influence qui contrôle toujours  40% du capital de Charlie hebdo et qui n’aura obtenu son titre de gloire que sur les caricatures de Mahomet et en pourfendant la religion chrétienne. Tout au long de son office de rédacteur en chef, le seul moteur de Philippe Val n’aura été, semble-t-il, que l’obsession d’un retour de l’antisémitisme.

  1. D’après les informations données par les différents directeurs de publication, Siné Hedbo dépasserait désormais les 60 000 exemplaires et devancerait Charlie Hedbo dans les ventes en kiosque. L’Acrimed retrace le « hold-up » de Philippe Val sur de Charlie Hebdo.
  2. A lire sur le sujet : « Philippe Val, défenseur des éditorialistes contre les « poujadistes » sur l’Acrimed.
  3. Après sa participation à l’université d’été du MEDEF (voir note suivante) Daniel Mermet avait largement épinglé Philippe Val, ce qui n’avait pas ravi l’intéressé. Le rédacteur en chef de Charlie Hebdo avait d’ailleurs relayé cet épisode dans son édito avec un second degré qui ne cachait pas un certain agacement  : « Mon intervention dans un débat organisé par le Medef a eu un certain succès, puisque le lendemain, sur France Inter, elle a été largement relayée. Didier Porte, un des meilleurs chroniqueurs de la maison, m’a fait la gentillesse confraternelle de me coucher sur la liste des ralliés à Sarkozy, car c’est son métier de dire des choses amusantes. Mais l’honneur suprême est venu du titan de la vraie gauche, l’Hercule de la radicalité, le Rambo de l’alter-révolution, l’homme des ondes pures et de la modulation de fréquence éthique, Daniel Mermet lui-même qui n’a pas manqué lui aussi de me dénoncer entre deux de ces fameux gloussements sarcastiques qui ont fait sa gloire de Millau à Porto-Alegre. Etre cité – en bien ou en mal, qu’importe – par Daniel, c’est entrer dans l’Histoire par la grande porte. J’en suis tout confus, et, au nom de notre ancienne amitié, je l’en remercie. » (12 septembre 2007) —- Entre Daniel Mermet et Philippe Val la rupture était consommée et un nouvel édito du directeur de Charlie Hebdo viendra le confirmer : « Je voudrais revenir sur un évènement médiatique qu’on n’a pas assez bien mesuré la semaine dernière. Tout ce qui hait la démocratie nourrit également une haine basique des médias et des moyens d’information libre. On l’a vu encore avec la récente communication de Ben Laden, toujours intéressante – c’est toujours intéressant Ben Laden – dans laquelle il rend un hommage appuyé à Noam Chomsky. Les auditeurs d’Inter connaissent bien ce grand intellectuel américain puisque notre confrère Daniel Mermet a diffusé cinq heures d’entretien avec lui en mai dernier.  Ben Laden est donc venu porter main-forte au promoteur des idées de ce sympathique intellectuel…  » (septembre 2007) Le raccourci employé par Philippe Val pour s’en prendre à Daniel Mermet est donc tout trouvé : Mermet aime Chomsky, Ben Laden cite Chomsky, donc Mermet aime Ben Laden. L’affaire est relayée en détails sur le site de l’Acrimed.
  4. Philippe Val a participé à l’université du Medef en 2007 dans le cadre de débats consacrés à « La liberté d’expression : jusqu’où ? ». Les résumés des débats sont d’ailleurs disponibles directement sur le site du MEDEF
  5. Denis Robert avait accusé Philippe Val d’interdire la parution dans Charlie Hebdo de tout article mettant en cause la multinationale Clearstream, dont l’un des avocats, Richard Malka (voir vidéo de Pierre Carles), est également celui de l’hebdomadaire. Val a démenti cette affirmation, déclarant que ni lui ni a fortiori Richard Malka n’avaient jamais exercé de pression dans ce sens, et attaquant Denis Robert en retour, l’accusant de mener contre Clearstream une enquête à charge dépourvue de preuves. Siné et Michel Polac affirmeront le contraire affirmant qu’il existe une véritable censure à Charlie Hebdo sur l’affaire Clearstream.
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6 commentaires leave one →
  1. Dominique de La Tour permalink
    14 mai 2009 10 h 50 min

    J’ai sans cesse en tête la citation de Marat (Les chaînes de l’esclavage : un livre que tout le monde devrait avoir lu !!) :
    « Les écrits satiriques ne servent qu’à serrer les noeuds de la servitude. En amusant la malignité du peuple, ils le font rire de ses souffrances, diminuent son ressentiment contre les auteurs de ses maux, et le portent à souffrir patiemment le joug ».
    Même s’ils agacent les tenants du pouvoir, les amuseurs castrent notre rage et couvrent de baume nos blessures. Si les traits d’humour de Stéphane Guillon servent à nous faire prendre avec bonne humeur l’élagage progressif de deux siècles d’acquis sociaux, alors je préfère qu’ils n’existent pas. La France ricane, et bientôt, elle sera peuplée de chômeurs et de retraités faisant les poubelles en poussant leur chariot, et de cancéreux ayant le choix entre mourir dans leur coin ou bouffer le peu d’héritage destiné aux enfants pour se soigner. Quand on voit Cantelou chez Drucker, caricaturer l’invité qu’il a en face de lui, il n’y a pas à douter que tous ces plagiats s’intègrent (sans que nos humoristes et imitateurs le veuille, sans doute), dans ces stratégies de communications qui rendent nos politicards sympathiques en griffant leurs petits travers. Combien de seconds couteaux n’ont pas rêvé de la consécration d’une marionnette au Bébête Show ? Il y en a même qui ont magouillé pour ça ! Il me semble que, déjà, Le Luron était invité aux congrès politiques. La nomination de Val à France Inter n’est que le summum de cette collusion (il a quand même bien tapé sur Sarkozy et Cécilia, au début !). Ce mélange des genres ne dérange plus personne. Pour paraphraser Caligula, la loi actuelle de la « politique » c’est : « Qu’ils rient, pourvu qu’ils craignent ! ».

  2. 14 mai 2009 12 h 34 min

    Bonjour Dominique et merci pour ce commentaire encore une fois très intéressant. Voilà un ouvrage que je vais devoir lire car je ne le connaissais pas. La citation de Marat est parfaitement pertinente même si la satire a toujours constitué une forme d’opposition réelle depuis l’Antiquité. Je crois tout de même qu’il serait dommage de perdre les clowns dont nous avons besoin surtout que cela pourrait constituer une étape supplémentaire vers la censure de toute critique.

    Bien à vous,

    Laurent

  3. 14 mai 2009 17 h 19 min

    Il est vrai que que les écrits satiriques nous mettaient du baume au coeur, ne nous empêchant pas de lutter contre l’esclave, qui est désormais notre avenir, du moins ,ceux des pauvres ,car finalement nous serons tous pauvres en fin d’année et la » Crise » à bon dos
    j’entends les mots de l’opéra de « Faust » en pensant à tous ces gens ministres ou journalistes mis en condition désormais
    « Je m’engage à te servir ici bas, à t’obéir au moindre signe  »
    Je suis l’esprit de « négation « le pouvoir qui oeuvre pour le bien ,tout en voulant le mal »
    « Des soleils et des mondes , je n’ai rien à dire ,; je vois seulement , les hommes se tourmenter

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