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Nasimo : "liberté je graffe ton nom"

11 mai 2008

Au cours d’une de nos pérégrinations sur le web, nous sommes tombés à la renverse devant une vidéo du nom de Nast présentant le travail d’un graffeur. Avec une réalisation particulièrement soignée, ce petit film nous entraîne dans les quartiers de Sofia en compagnie de l’artiste Nasimo. Autour du visage baissé du graffeur, les images se mélangent, s’animent et font de ces dessins de rue des oeuvres en mouvement qui prennent vie dans les paysages urbains de cet ancien pays soviétique. La vidéo débute d’ailleurs au son de la voix de l’ancien dictateur Todor Jivkov qui affirmait la nécessité de mener une politique de “bulgarisation” en éradiquant les minorités musulmanes.

C’est dans cet univers de liberté nouvellement conquise, où l’individu a enfin le droit d’exister avec ses différences, que le film projette l’introspection de cet artiste en proie à des fantasmes, à des angoisses qui le conduisent à représenter sur les murs de la capitale bulgare, ces corps désirés, déchirés, ces animaux violents, hurlants après des années de dictature.

Sur l’artiste, la vidéo reste bien évidemment muette. On ne connaît que Nasimo, pseudo de tagueur et l’on doit se contenter de profils effleurés, d’une tête baissée pour ne pas révéler totalement son visage aux autorités de son pays. Petit jeu de cache-cache dans ce monde des graffeurs où il est toujours préférable d’avancer masqué pour se jouer de la police autant que pour cultiver un certain mystère autour de sa personne.

Nasimo n’est toutefois pas totalement inaccessible. Il vit de travaux graphiques proposés à l’achat sur Internet. L’artiste compose des logos ou s’est spécialisé dans des représentations de femmes aux positions équivoques, aux formes exposées pour choquer la morale bien-pensante et pudibonde des chrétiens de Bulgarie. Avec les compositions graphiques de Nasimo, on est loin du caractère génialement subversif de Banksy, mais le film parfaitement mis en scène par le studio Endend, transfigure le travail de Nasimo et lui confère une dimension de témoignage historique et social sur la Bulgarie.

Laurent Monserrat

A voir le film sur Nasimo

6 commentaires leave one →
  1. 12 mai 2008 12 h 33 min

    C’est étonnant j’ai justement photographié l’un des graffs de Nasimo a Sofia le mois dernier, merci de nous faire partager ce film où on retrouve un peu de l’atmosphère chaotique de Sofia.

  2. 12 mai 2008 14 h 04 min

    Le graffe, un art en harmonie avec nos sociétés, des artistes qui ont le don de mettre en relief le creux de nos villes, d’imposer des couleurs où, depuis longtemps il n’y en a plus, de mettre du beau où il fait défaut, n’en déplaise aux tenants de « la théorie du grand art, comme de la grande musique » ni l’un ni l’autre n’existant. Il y a de l’urgence dans ce moyen d’expression, l’urgence d’un monde sans fond qui file vers des chimères à la vitesse de la lumière. Créateurs ils sont, indispensables ils resteront ! Merci à toi Nasimo pour ces beautés improbables en des lieux impensables.
    (commentaire noté -1 sur AV!)

  3. 12 mai 2008 15 h 21 min

    Merci François pour ton commentaire sur Sofia : je place le lien vers ton travail de photographe et la photo prise de Nasimo

    A graff from Nasimo

  4. le_mec_penible permalink
    13 mai 2008 0 h 52 min

    sinon, le graffeur subversif en question, c’est BANSKY, et pas BANGSY. On laisse tellement filer sa plume qu’on en oublie de faire ses recherches correctement?

  5. admin permalink
    13 mai 2008 22 h 44 min

    Merci le mec pénible pour votre correction mais au risque de vous déplaire vous avez commis une faute : le graffeur anglais porte le pseudo de Banksy.

    Merci en tout cas d’avoir souligné une coquille dans mon article même si vous en commettez une autre à votre tour.

    Je vous invite à lire cet article afin que vous puissiez vérifier mes connaissances sur Banksy.

    http://www.leflambeau.com/banksy-repeint-big-brother/

    Cordialement,

  6. 16 mai 2008 17 h 35 min

    Ces tags sont de véritables œuvres d’art. La beauté des dessins est à couper le souffle. Ils font chanter les murs.
    Merci pour ce moment de bonheur, Laurent.

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