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Label social: quand les consommateurs responsabilisent les entreprises

21 octobre 2007

Le label social est une idée qui pourrait bien germer dans l’esprit des consommateurs européens surtout si la société civile s’en empare.

 

Le projet émane directement des autorités belges qui depuis plusieurs années promeuvent ce qu’ils nomment «la production responsable». Constitué à partir de huit articles fondamentaux, le label social vise à permettre aux consommateurs de valoriser les produits des entreprises qui acceptent de se soumettre aux conventions imposées par le label.

En quoi consiste précisément les conventions du Label social ?


Le gouvernement belge a choisi d’élaborer son label à partir des critères de l’Organisation Internationale du Travail, qui recoupent l’ensemble des droits fondamentaux du salarié, facteurs déterminant de l’équilibre et de la paix. A l’instar des pays qui ont ratifié les conventions de l’O.I.T, les entreprises devront si elles souhaitent obtenir le label, répondre aux normes suivantes :

  • La liberté syndicale et le droit de négociation collective, l’abolition du travail forcé, l’interdiction de toute discrimination et l’égalité de rémunération, le refus du travail des enfants.
  • Mais aussi des normes répondant aux objectifs sociaux prioritaires : la protection sociale, celle de la maternité au travail…
  • D’autres encore prévoient des infrastructures indispensables à l’application des normes (inspection du travail, tripartisme, médecine au travail…).
  • Les dernières, enfin, concernent des catégories bien précises de travailleurs migrants, construction, marine marchande, agriculture…

De même, les sociétés qui demanderont à ce que leurs produits soient marqués par le pictogramme « label social » devront vérifier que l’ensemble de leur chaîne de production comprenant sous-traitants et fournisseurs respecteront eux aussi les conventions de l’O.IT.

 

Le gouvernement de la Belgique s’engage d’ailleurs à venir vérifier par lui-même la validité des déclarations des entreprises, afin de ne pas discréditer cette initiative aux yeux des consommateurs.

 

Conscientes qu’un enjeu commercial et médiatique pourrait attirer des entreprises peu scrupuleuses, les autorités belges ont prévu que les tricheurs soient passibles d’une amende voire d’une peine de prison pouvant aller de 8 jours à 5 ans.

 

Avec le label social, l’Etat belge entend aussi inciter les industriels à produire directement dans les frontières de la Belgique et mettre un terme aux effets « pervers » de la concurrence forcenée sur les marchés nationaux, effets qui contribuent fortement à augmenter le chômage et la précarité.

 

Malheureusement, l’Union européenne reste pour le moment spectatrice de ce label social qui va fortement à l’encontre des perspectives ultra-libérales que convoitent ses principaux dirigeants.

 

À l’évidence, cette initiative qui vise à responsabiliser le consommateur pour toucher le producteur ne satisfait pas nos gouvernants alors qu’elle répondrait aux attentes de la société civile soucieuse de bâtir un projet social fondée sur l’équité et la solidarité.

Laurent Monserrat

4 commentaires leave one →
  1. 22 octobre 2007 8 h 15 min

    Voilà une histoire belge comme je les aime.

  2. Greg permalink
    24 octobre 2007 16 h 51 min

    C’est incroyable d’imaginez que l’Europe ne suit pas une telle idée!

  3. 25 octobre 2007 14 h 21 min

    Le plus étonnant c’est que cette idée émane directement des autorités belges.

Trackbacks

  1. Kiff à donf

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