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Palestine, la tragédie continue

1 janvier 2007

Les années passent sur la Palestine et la paix semble chaque jour plus lointaine, chaque nuit plus invisible. Pourtant, deux nations sont nées sur la terre du livre saint, mais leur existence semble inexorablement liée à la chute de milliers d’hommes. Qu’arrive-t-il à cette portion de terre autrefois traversée par les prophètes ? Est-elle si assoiffée de sang que des générations entières se précipitent dans la guerre ?

gaza-algemeen-dagblad.jpgMahmoud Darwich écrit qu’entre la Palestine et Israël la terre est si « étroite » que les morts étreignent encore leurs assassins. Les images du poète, malheureusement se vérifient dans le rapport rendu par l’organisme israélien de défense des droits de l’homme.Dans son rapport annuel l’organisation B’Tselem reconnaît que la situation dans les territoires occupées s’est atrocement dégradée avec en particulier une augmentation de civils tués et de maisons détruites. Ainsi, près de 660 Palestiniens, soit trois fois plus qu’en 2005, ont été tués à Gaza et en Cisjordanie. Et sur ces 660 morts, au moins 322 ne prenaient pas part à des actions hostiles, confirme B’Tselem.

L’armée israélienne répond à l’organisme qu’elle ne prend pas délibérément pour cible des civils. Elle affirme aussi que « les activistes palestiniens se servent de bâtiments civils pour perpétrer des attaques mortelles contre des centres de population israéliens », et que « des civils Palestiniens sont utilisés par des groupes armés comme boucliers humains pour couvrir les activités terroristes. »

Autrement dit, les morts sont des dommages collatéraux, comme lors des massacres de civils dans la petite ville de Cana au Liban. Les arguments restent les mêmes et la fatalité est seule à porter la responsabilité de tous ces morts.

Le seul point positif du rapport de B’Tselem porte sur la diminution de civils israéliens tués. Ils seraient 17 à avoir trouvé la mort au cours d’actions palestiniennes, ce qui constituerait le chiffre le plus bas depuis la seconde Intifada en 2000, précise l’organisme. Le gouvernement israélien peut se réjouir, sa population gagne en sécurité, mais à quel prix ?

Entre Israël et la Palestine, « la terre nous est étroite », écrit Darwich, si étroite qu’elle « nous accule dans le dernier défilé » et nous « dévêt de nos membres pour passer ».

Laurent Monserrat

  • Les citations de Mahmoud Darwich sont tirées de “La Terre nous est étroite” aux éditions Gallimard
  • Photographie : Gaza par Algemeen Dagblad
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