Aller au contenu principal

La dinde de Thanksgiving fera-t-elle digérer les cadavres du président Bush?

25 décembre 2004

Pas un jour ne passe en Irak sans que les patrouilles américaines ne soient prises pour cible. D’où qu’ils viennent, ces combattants anti-américains semblent bien décidés à user de tous les moyens pour chasser le nouvel occupant. Ces commandos, qui ne craignent pas de mettre à mort la population irakienne elle-même, sont par la violence et la réussite de leurs actions répétées en train de faire trembler l’administration Bush. Le gouvernement américain s’inquiète des répercussions que pourraient avoir ces cadavres invisibles sur l’opinion populaire des Etats-Unis.

Bush DindeBush qui n’a jamais honoré de sa présence les enterrements des GI’s s’est trouvé dans l’obligation de réaliser son propre cinéma de propagande en allant manger la grosse dinde de Thanksgiving auprès de ses soldats. Le coup médiatique devait servir à montrer aux électeurs américains que l’Irak était sécurisé, maîtrisé, et que même le Président ne craignait pas de s’y rendre.


Si la situation est aussi bonne que Bush et ses faucons veulent bien nous le faire voir et entendre, comment se fait-il que les organismes américains de communication effacent les chiffres, filtrent et interdisent la diffusion d’images de soldats tués ou blessés ? L’expérience désastreuse du Vietnam, sur le plan médiatique, a évidemment incité les faucons à faire prévaloir des images de Bush mangeant de la chair de dinde, contre les lambeaux de chair (humaine) des soldats américains.

Le Canard enchaîné (du 19/11/03) a annoncé, il y a peu, les chiffres « inavouables » de la guerre en Irak : « 2200 » blessés graves (avec amputations), « 7700 » rapatriés pour troubles psychologiques. Mais les chiffres les plus honteux pour la propagande nationaliste des Etats-Unis concernent le nombre de déserteurs : « 1700 » selon le Canard enchaîné (26/11/03).

Depuis l’annonce de ces chiffres, la presse européenne, trop souvent encline à utiliser les informations américaines, a voulu vérifier par elle-même, le malaise de ces soldats qui se prenaient pour des libérateurs. Mais seuls quelques commentaires bien calibrés, concernant les conditions de vie et d’ennui ont pu réellement sortir d’Irak. Les généraux veillent en donnant par doses homéopathiques les informations aux journalistes et refusent radicalement de montrer à la population américaine, comment ces sauveurs de la démocratie sont descendus par de simples paysans.

Mais peu importe sans doute, puisque la plupart des engagés sont des immigrés à qui l’on a promis la nationalité américaine … s’ils revenaient vivants. Des anonymes morts au combat ne bouleverseront pas la politique de Bush, et encore moins les entreprises américaines qui se frottent les mains devant les contrats irakiens.

Laurent Monserrat

No comments yet

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :